Avant toute chose un petit rappel : Bordeaux se trouve sur la Garonne et à quelques kilomètres de la Gironde, estuaire de la Garonne et de la Dordogne. L’estuaire de la Gironde est le plus vaste estuaire d’Europe. Il est soumis aux marées de l’océan atlantique qui est son débouché. La marée se ressent profondément à l’intérieur des terres et pour ce qui nous concerne jusqu’à la ville de Réole sur la Garonne, bien avant Castets et au niveau de Fontet.

C’est pour cette raison que l’écluse de Castets en Dorthe ne s’ouvre sur la Garonne qu’à la pleine mer, c’est à dire à marée haute.

Lundi 31 Aout 2020 : La marée haute est à 9h12. Rendez vous a été pris avec l’éclusier pour 9H15. Devant nous une péniche quitte le quai. C’est la Marijo, elle est à Castets depuis 7 ans et part pour Bordeaux pour un nouveau projet professionnel. Pour son départ c’est la foule qui l’accompagne sur le quai de l’écluse. Larmes et embrassades … Rien pour nous bien sûr … Lorsque nous approchons tout le monde s’en va …

Nous découvrons dans l’écluse des bollards flottants : c’est sympa car nous descendons de plus de 4m50.

L’ouverture de l’écluse de Castets : la Garonne est là

Lorsque les portes s’ouvrent : la Garonne est là ! L’éclusier nous recommande de ne pas passer entre les piles du pont mais de prendre entre la pile et la rive.

La Garonne

Nous voilà sur la Garonne avec une marée descendante (le jusant) qui va nous porter jusqu’à Bordeaux.

Nous venons de changer de monde : nous sommes passés du canal avec ses eaux calmes à la rivière avec courant et surtout ses marées descendantes et montantes (le flot).

Langon : la Garonne et le clocher

La navigation est calme et paisible. Petit à petit nous prenons de la vitesse porté par le jusant. Nous croisons les villes de Langon, Cadillac, Langoiran … Au fur et à mesure de notre avancée nous prenons de la vitesse montons jusqu’à 15 km/h et l’eau devient de plus en plus boueuse.

La couleur de l’eau brunit au fur et à mesure de notre avancée
La Garonne s’élargit et est haute en raison de la pleine mer

Nous croisons également quelques châteaux en bord de Garonne.

Château en bord de Garonne

La navigation devient presque monotone et au bout de 3h30 nous arrivons à hauteur de Bègles. Des constructions modernes apparaissent : nous n’en avions pas vus depuis Toulouse.

En approche de Bordeaux

Et puis très rapidement c’est Bordeaux : le pont de Pierre est là et il va falloir le franchir. Construit sous Napoléon il possède des arches de 20m de large. Mais en raison de la marée descendante il va falloir traverser des remous qui se trouvent de l’autre côté du pont. Ouh là ça secoue, nom de Zeus !!

Le pont de Pierre de Bordeaux qui sera notre horizon pendant 2 jours

Le ponton d’honneur que nous avons réservé est là juste après le pont de Pierre. Nous arrivons à marée basse et le fleuve est tranquille. Nous nous amarrons en suivant rigoureusement les consignes de Anne et Jean Marie : 2 amarres à l’avant et à l’arrière, une garde montante et une garde descendante.

Boréal au ponton d’honneur à Bordeaux
Au fond le pont de pierre

Nous débarquons pour faire un tour en ville. Le ponton donne directement sur le miroir d’eau et le centre ville qui est entièrement piéton. Sur les bords de Garonne beaucoup de monde : des promeneurs, des cyclistes, des joggeurs. Pour chaque catégories des voies sont tracées au sol et bien sûr personne ne les respectent et il faut être très prudents lorsqu’on change de direction.

Miroir d’eau
Le grand Théâtre de Bordeaux
Sculpture « Sanna »

Les premières images que nous voyons de la ville nous impressionnent. Des bâtiments monumentaux se trouvent en façade sur la Garonne et au centre ville ils sont toujours imposants. Les rues et avenues rappellent Paris et ses constructions haussmanniennes. Demain nous en verrons plus.

Nous rentrons au bateau. Là, sur le ponton, la situation a changé : nous sommes à marée montante et un fort, très fort courant vient chahuter Boréal. Il faut régler les amarres car ça tape fort … En plus du courant nous voyons passer des troncs d’arbres portés par le flot. Certains sont énormes …

Troncs d’arbres …

Pendant la nuit cela continue : dans le bateau des glou-glous bruyants se font entendre et puis soudain se sont des toc, toc de plus en plus fort. Des branches et des troncs viennent percuter Boréal. Il faut aller sur le pont vérifier les amarres, on ne sait jamais … Elles sont en place heureusement. Puis c’est la bascule et nous repassons en marée descendante et ce sont de nouveaux bruits que l’on entend. Les troncs qui sont montés vont maintenant redescendre dans l’autre sens.

Mardi 1er septembre 2020 : difficile réveil après une nuit bien agitée. Après 7 heures de marée descendante c’est 5 heures de marée montante. La descendante est à peu près supportable mais la montante est un flot impétueux qui secoue Boréal comme un fétu de paille. Nous partons pour la journée visiter la ville.

Piètons, vélos, tram un centre ville sans voiture

Pour tout le centre ville c’est masque obligatoire. Nous déambulons dans les rues en visitant et en faisant un peu de lèche vitrine.

Masque obligatoire pour tout le monde !!
La Porte Cailhau
Esplanade des Quinconces
Monument aux Girondins
Façades sur les quais de Garonne

Retour au bateau. Boréal est désespérément seul sur le ponton d’honneur.

Boréal seul au ponton d’honneur

C’est le flot et dés notre arrivée un bruit nous surprend. Un tronc est coincé sous le bateau. Toc … toc … toc. Avec la gaffe nous essayons de le tirer : rien n’y fait. Nous essayons de l’enfoncer : le bruit s’arrête pendant quelques minutes nous faisant croire que nous avions vaincu le monstre. Que nenni, il repart de plus belle et encore plus fort. Il faut attendre la renverse de la marée pour qu’elle l’emporte dans l’autre sens. Enfin cela ne nous empêchera pas d’aller manger au restaurant ce soir : il est de l’autre côté de la Garonne.

Le pont de Pierre
Apéro au soleil couchant
En rentrant, on danse la salsa sur le quia de la Garonne. Et le Covid me direz vous ? Là ce soir il n’y a pas de Covid !
En attendant le tram …

Mercredi 2 Septembre 2020 : Après une nuit de nouveau agitée, c’est le grand conciliabule : que fait on ? Y en a marre d’être secoué comme ça. Partir mais pour où ? Pauillac : on nous a dit que l’entrée du port était dangereuse et qu’on pouvait s’échouer sur les hauts fond. Port Médoc : c’est loin : 95 kms. Blaye : c’est un ponton ça va être comme ici. Et puis naviguer sur cette eau boueuse ça n’est pas très motivant.

Les eaux boueuses de la Gironde : c’est permanent. Les marées transportent les limons de la Garonne et la Dordogne en permanence

C’est décidé nous retournons sur le canal à Castets. Ce soir c’est pas mal : la pleine mer est à 16h12 et en navigant bien on peut être à Castets à 21h. En attendant nous refaisons un tour en ville.

Place du parlement
Dernier regard sur le miroir d’eau

A 16h nous partons. Devant le pont de Pierre les remous sont encore forts, Boréal est secoué mais ça passe. Petit à petit la marée montante nous porte et nous atteignons la vitesse fantastique de … 19 kms/h. Nous arrivons à Cadillac à 19h. Là il y a le dernier ponton avant Castets. Nous ne voulons pas être pris par la nuit sur la Garonne ! Nous appontons donc à Cadillac.

Boréal à Cadillac

La Garonne semble calme et nous allons au lit. A minuit trente, nous sommes réveillés par la marée descendante qui arrive, et le bateau est à nouveau balloté comme à Bordeaux. Vérification et réglages des amarres. Debout à 7h du matin, c’est à moitié réveillé, que nous voyons arriver la marée montante précédée d’une vague d’environ 80cm. Nous sommes secoués et bien secoués, mais les amarres ont bien tenu. On nous dira plus tard que nous avons pris un mini mascaret en raison des basses eaux de la Garonne en cette saison. Maintenant nous sommes impatients de retourner sur le canal au calme.

Brume sur la Garonne au petit matin
La Garonne prés de Langon et telle qu’on se l’imaginait
Retour dans l’écluse de Castets en Dorthe et sur le canal de Garonne

Nous pensions trouver un joli fleuve bien tranquille et Garonne nous a montré sa véritable nature. L’influence de l’Océan arrive bien loin dans le fleuve. Elle nous a montré également nos limites face aux éléments, nous qui naviguons depuis très peu de temps.

A suivre …

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